Comment optimiser son système immunitaire pour faire face au Covid 19 et aux infections en général

La pandémie du Covid 19 est très anxiogène, il est important de se protéger et de respecter les consignes de distanciation et vie prévention, mais plus encore il est important de veiller à optimiser ses défenses immunitaires.

Chaque jour, nous sommes en contact avec de nombreux virus et bactéries. Nous sommes porteur de 1O fois plus de bactéries que le nombre total de nos cellules et nous restons néanmoins en bonne santé grâce à nos barrières : la peau, le tube digestif et les voies respiratoires ainsi que notre système immunitaire inné et adaptatif.

Les manifestations graves liées au Covid 19 sont essentiellement dues à une réponse disproportionnée du système immunitaire adaptatif du patient.

Voici quelques conseils nutritionnels et micronutritionnels qui pourront optimiser votre système immunitaire. (25)

1. Le zinc

La carence en zinc survient le plus souvent chez les personnes âgées, les végétaliens, végétariens et les personnes atteintes de maladies chroniques, La déficience en zinc est responsable  d’un système immunitaire affaibli. Ces données soulignent donc l’importance de l’apport en zinc suffisant.

Une des manifestation de la carence en zinc est une perte de l’odorat et du goût comme rencontré dans l’infection au covid 19.

Le zinc est un micronutriment essentiel à une réponse antivirale efficace. Il possède des propriétés antivirales directes et est également essentiel pour générer des réponses antivirales de notre système, immunitaire inné et acquis.

Le zinc fait partie intégrante de nombreuses protéines virales ( protéases et polymérases), soulignant l’importance de réguler la distribution cellulaire et sanguine du zinc afin inhiber la réplication et la dissémination virales. (1)

2. La glutamine

La glutamine est l’acide aminé libre le plus abondant dans le corps. Elle joue un rôle primordial dans la survie et la prolifération cellulaire.

La glutamine est un élément constitutif de nos cellules et tissus, elle est le carburant principal des cellules à renouvellement rapide, comme celles des muqueuses respiratoires et intestinales. C’est le deuxième composé le plus important et le plus abondant de notre corps après l’eau. Il s’agit d’un acide aminé conditionnellement essentiel. Il participe activement dans la lutte contre les pathogènes responsables de l’infection en améliorant le catabolisme des acides aminés pour aider la réaction immunitaire, limitant ainsi la disponibilité des nutriments qui contiennent de l’azote pour attaquer le micro-organisme. Ainsi ce mécanisme évolutif est bénéfique pour contrôler la réponse inflammatoire à l’infection. (2)

Le système immunitaire utilise la glutamine comme carburant pour son bon fonctionnement.

La glutamine est utilisée chez les patients en pré et postopératoires et également par les athlètes pour restaurer leurs fonctions immunitaires. (3), (8).

3. Les omega 3

L’équilibre oméga 3- oméga 6 est très rarement atteint car notre alimentation est riche en en oméga 6 et pauvre en oméga 3, nous devrions consommer 200 gr 3 fois semaine de petits poissons gras ou prendre des compléments alimentaire.

Les acides gras oméga-3 ont un effet immunomodulateur sur les différentes cellules du système immunitaire (résumées dans le tableau 1). Toutes les cellules immunitaires étudiées à ce jour, sont réactives vis-à-vis des acides gras oméga-3. Ils exercent un effet inhibiteur sur l’activation des cellules immunitaires innées et adaptatives. Il est intéressant de noter que certaines fonctions immunitaires spécifiques sont favorisées par les acides gras oméga-3 à savoir la phagocytose par les macrophages et les neutrophiles ou la différenciation Treg (lymphocytes T régulateurs de l’inflammation-infection). (4)

Les omega 3 génèrent des médiateurs spécialisés qui mettent fin à l’inflammation. (5), (6)

4. Le sélénium

Les agents pathogènes viraux induisent un stress oxydatif via l’augmentation de la génération  de radicaux libres et l’altération des systèmes de piégeage des radicaux libres cellulaires. Dans le cadre de la défense antioxydante, les sélénoprotéines (protéines qui dépendent du sélénium pour catalyser la rtéaction),telles que la  gluthation peroxydase jouent un rôle important dans le contrôle du stress oxydatif (neutralisation des radicaux libres). La carence en sélénium crée un affaiblissement de la défense contre les maladies infectieuses en réduisant l’expression des sélénoprotéines. Cependant, l’état nutritionnel de l’hôte peut également conduire à des mutations du génome viral d’un virus bénin ou légèrement pathogène à un virus hautement virulent sous stress oxydatif qui pourrait se propager davantage chez les hôtes avec un apport suffisant en sélénium. (7)

5. Le cuivre

Le système immunitaire a besoin de cuivre pour remplir ses fonctions. Le nombre de neutrophiles (globules blancs) dans le sang périphérique humain est réduit en cas de carence sévère en cuivre. Non seulement leur nombre est réduit, mais leur capacité à générer des radicaux libres permettant de tuer les micro-organismes ingérés est également réduite en cas de carence manifeste en cuivre.

Le cuivre est un des cofacteur d’une protéine (enzyme) appelée superoxyde dismutase qui intervient dans la détoxication des radicaux libres, si son activité ne peut être modulée en fonction de l’inflammation, elle ne sera pas neutralisée et la réponse immunitaire sera donc disproportionnée. (9)

6. Le gluthation

La teneur en gluthation (GSH) contribue à la capacité de la cellule hôte à réguler à la baisse la réplication du virus de la grippe. Dans certaines populations de cellules, une diminution des concentrations en pourrait vraisemblablement favoriser l’établissement d’une infection virale persistante. (10)

Les fonctions du GSH ne sont pas seulement inhibitrices pour la réponse inflammatoire. En fait, le GSH est essentiel pour certaines fonctions du système immunitaire, à la fois innées et adaptatives, entre autre action, il inhibe la production de la plupart des cytokines inflammatoires. (11)

7. La vitamine D

La vitamine D exerce des fonctions régulatrices importantes sur les cellules de la réponse immunitaire innée ainsi que de la réponse immunitaire adaptative (23). Des niveaux insuffisants de vitamine D peuvent entraîner une dérégulation des réponses immunitaires. Il semble que des doses plus élevées pour la supplémentation pourraient avoir de meilleurs résultats. (12)

Les variations des niveaux de 25 hydroxy vitamine D ont le potentiel d’influencer les réponses immunitaires innées et adaptatives.(13)

Il existe des preuves irréfutables d’une association épidémiologique entre un mauvais état de vitamine D et diverses maladies dont les infections virales. (14)

La carence en vitamine D est associée  à un risque accru d’infection respiratoire aiguë virale. La vitamine D est un micronutriment immunomodulateur. (15), (22)

8. La vitamine A

La vitamine A joue un rôle important dans la régulation de la tolérance et de l’immunité. La composition du microbiote  varie selon le statut en vitamine A et un bon microbiote permet une réponse immunitaire adaptée, non excessive.

La vitamine A associée à la vitamine D peuvent contrer la réponse inflammatoire déclenchée par chaque pathogène. Elles ont un pouvoir immunomodulateur, une forte activité anti-inflammatoire en régulant négativement l’expression de plusieurs gènes pro-inflammatoires. Les vitamines A et D sont des immunomodulateurs puissants, qui pourraient être particulièrement importants dans les infections systémiques, où la dérégulation de la réponse immunitaire est responsable de l’issue fatale. De plus, des études récentes ont décrit d’importantes insuffisances de la vitamine A et de la vitamine D chez des patients gravement malades et ont associé cette carence à un risque accru de mortalité. Ainsi, la surveillance des niveaux sanguins de vitamines A et D, ainsi que sa supplémentation adéquate chez les personnes admises dans les unités de soins intensifs, pourraient avoir des implications prophylactiques et thérapeutiques de grande envergure dans les infections graves.(16, 24)

9. La vitamine E

Les principales sources alimentaires de vitamine E sont les huiles végétales. Les noix sont également de bonnes sources de vitamine E.

La vitamine E améliore les réponses immunitaires, elle confère une protection contre plusieurs maladies infectieuses. Elle joue également un rôle immunomodulateur. (17)

10. Le Microbiote

Certains patients atteints de COVID-19 ont présenté une dysbiose microbienne intestinale avec une diminution des bactéries tels que Lactobacillus et Bifidobacterium. La fonction nutritionnelle et gastro-intestinale doit être évaluée pour tous les patients. Un soutien nutritionnel et l’administration de prébiotiques ou de probiotiques ont été suggérés pour réguler l’équilibre du microbiote intestinal et réduire le risque d’infection secondaire due à la translocation bactérienne.(18)

Il exisxte une interaction intime entre le microbiote digestif et les virus envahisseurs, qui dicte toujours l’issue d’une infection. La transplantation d’un microbiote fécal et des suppléments probiotiques se sont déjà avérés utiles pour réduire la gravité de plusieurs maladies. Il persiste des lacunes importantes dans notre compréhension des interactions entre le microbiote et les virus, et une optimisation constante de ces méthodes de traitement potentielles est clairement nécessaire pour mieux contrôler les infections virales via la modulation du microbiote.(19)

Prevotella

Plusieurs équipes de chercheurs dans plusieurs pays (Chine, France, USA,…) ont fait une avancée dans la compréhension des effets du coronavirus. Le COVID 19 ne tuerait pas directement mais en infectant une bactérie présente dans l’intestin, la Prevotella. Celle-ci devant virulente provoquerait une réaction immunitaire excessive qui s’attaqsuerait aux poumons et entrainerait la mort. Ceci explique plusieurs ponts :

Si le COVID-19 s’avère être une infection mixte, à la fois virale et bactérienne, l’efficacité du Dr. Raoult serait démontrée ainsi que celui du Dr. Paillard-Franco qui préconise une double antibiothérapie.

Les enfants sont peu affectés par ce Sars-Cov-2, alors que les personnes âgées sont les plus touchées : la présence de Prevotella est faible chez les enfants mais augmente avec l’âge.

Les personnes obèses seraient plus affectées car leur flore intestinale déséquilibrée contient plus de Prevotella. (26)

Intérêt de l’azithromycine à prescrire dès le début de l’infection par le COVID-19 et même une possibilité de traiter préventivement.(20)

L’azithromycine inhible la réplication virale H1 N1 chez les patients traité avant infection. Après contamination, l’azithromycie n’empêche pas la liaison du virus au récepteur mais inhibe l’endocytose dans la cellule hôte il en va de même pour les virus engendrés après réplication. L’azithromycine pourrait être un macrolide efficace pour le traitement de la grippe humaine.(21)

11. Bilan à réaliser

Si vous souhaitez évaluer vos défenses immunitaire pour faire face au COVID-19 voici le bilan à réaliser ainsi qu’un bilan réalisé chez un patient test.

Bibliographie

  1. The Role of Zinc in Antiviral Immunity. A Read, S., Obeid, S., Ahlenstiel, C., & Ahlenstiel, G. (2019, juillet).
  2. Glutamine: Metabolism and Immune Function, Supplementation and Clinical Translation. Cruzat, V., & All. (2018, October 23).
  3. Glutamine Metabolism and Its Role in Immunity, a Comprehensive Review. Shah, A. M., & All. Animals (Basel). 2020 Feb; 10(2) 326.
  4. Modulation of host defence against bacterial and viral infections by omega-3 polyunsaturated fatty acids. Husson, M., Levy, D., Portal, C., & All. (2016, December).
  5. Effects of Omega-3 Fatty Acids on Immune Cells. Gutiérrez, S., & and All.
    Int. J. Mol. Sci. 2019, 20(20), 5028;
  6. Enriched Marine Oil Supplements Increase Peripheral Blood Specialized Pro-Resolving Mediators Concentrations and Reprogram Host Immune Responses. A Randomized Double-Blind Placebo-Controlled Study. Souza, P., Marques , R., & All.
    Circulation Research. 2020;126:75–90
  7. Selenium, Selenoproteins and Viral Infection. Guillin, O., Vindry, C., & All. Nutrients 2019 Sep; 11(9): 2101.
  8. Glutamine Metabolism and Its Role in Immunity, a Comprehensive Review. Shah, A. M., & All. Animals (Basel). 2020 Feb; 10(2) 326.
  9. Copper and immunity. Percival, S. J Clin Nutr1998 May;67(5 Suppl):1064S-1068S.
  10. Role of glutathione in immunity and inflammation in the lung. Ghezzi, P. Int J Gen med. 2011; 4: 105-113.
  11. Vitamin D supplementation to prevent acute respiratory tract infections: Systematic review and meta-analysis of individual participant data.Martineau, A., & All. BMJ Clinical Research356:i6583 · February 2017
  12. Modulation of the Immune Response to Respiratory Viruses by Vitamin D. Greiller, C., & Martineau, A. Nutrients. 2015 Jun; 7(6): 4240–4270.
  13. The interplay between vitamin D and viral infections. Majid Teymoor-Rad, and All. Rev MedVirol. 2019 Mar;29(2):e2032.
  14. Regulation of Immune Function by Vitamin D and Its Use in Diseases of Immunity. Vanherwegen, A., & All. Endocrinol Metab Clin North Am. 2017 Dec;46(4):1061-1094.
  15. Differential Effects of Vitamins A and D on the Transcriptional Landscape of Human Monocytes during Infection. Klassert, T., & All. Klassert, T., & All. Nature (2017, January 17) : article number: 40599 (2017).
  16.   The Role of Vitamin E in Immunity.  Ga Young Lee, & Han, S. Nutrients. 2018 Nov; 10(11): 1614.
  17. Management of corona virus disease-19 (COVID-19): the Zhejiang experience. Kaijin xu. Journal of Zhejiang University. Medicalscience 49(1) · February 2020
  18. The Commensal Microbiota and Viral Infection: A Comprehensive Review. Na, L., Wen-Tao, M., & All. Frontiers in Immunology ,04 July 2019
  19. Webinar du 21 avril 2020 Professeur Vincent Castronovo
  20. Azithromycin, a 15-membered macrolide antibiotic, inhibits influenza A(H1N1)pdm09 virus infection by interfering with virus internalization process. TranDH, Sugamata R, Hirose T and All. J Antibiot(Tokio). 2019 Oct;72(10):759-768.
  21. Evidence that Vitamin D Supplementation CouldReduce Risk of Influenza and COVID-19 Infections and Deaths. William B. Grant and All.Nutrients 2020, 12(4), 988. 2 April 2020.
  22. Vitamin D levels do not predict the stage of hepaticfibrosis in patients with non-alcoholic fatty liverdisease: A PRISMA compliant systematic reviewand meta-analysis of pooled data. Behnam Saberi, Alia S Dadabhai, Julie Nanavati, Lin Wang, Russell T Shinohara, Gerard E Mullin, Behnam Saberi, Alia S Dadabhai, Gerard E Mullin. World J Hepatol. Jan 27, 2018; 10(1): 142-154.
  23. Vitamin D: Effect on Haematopoiesis and Immune System and Clinical Applications. Mayte Medranoand All. Int. J. Mol. Sci. 2018, 19(9), 2663
  24. A Review of Micronutrients and the Immune System–Working in Harmony to Reduce the Risk of Infection. Adrian F. Gombart and All. Nutrients 2020, 12(1), 236.
  25. Diet influence on the gut microbiota and dysbiosisrelated to nutritional disorders. Maryam TidjaniAlou, Jean-Christophe Lagier, Didier Raoult.Human Microbiome Journal, Volume 1, September2016, Pages 3-11.

 

 

 

 

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